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[Saison 2017] Dans leurs yeux …

Publié le 14-11-2017

Au crépuscule de l’année 2017, nous avons eu envie de revivre et de vous raconter quelques moments forts, ces émotions que nous, rédacteurs du site TeamDirectEnergie.com, avons la chance de vivre en accompagnant l’équipe sur les routes. Que ce soit avec les coureurs, le staff, les fans, nos invités sur les courses, nous sommes témoins de moments d’émotion formidables, de ces sentiments forts que seul le sport de haut niveau peut provoquer. Des joies, des angoisses, des peines, des soulagements : nous avons voulu vous raconter 5 moments, au travers des yeux de ceux qui étaient là ce jour-là. Petit détail ou grande histoire : l’émotion est partout, et pour tous.

Première course, première victoire, premier frisson : dans les yeux de Mélanie*

Mélanie a rejoint l’équipe « Communication » de Direct Energie à l’automne, après la fin de saison 2016. Elle n’a jamais mis les pieds sur une course de cyclisme, et c’est avec excitation qu’elle embarque pour sa première immersion dans le vélo, sur l’Etoile de Bessèges. Elle sait notre tendresse pour cette course de début de saison, où l’équipe Direct Energie a souvent brillé (trois victoires en 2016, notamment). Dans l’étape reine, Bessèges-Bessèges, Mélanie est d’abord dans un véhicule de direction sportive, et puis, à l’avant-dernier passage sur la ligne d’arrivée, elle saute de la voiture pour regarder le final.

Nous n’avons pas d’images, et même pas beaucoup d’infos. Au micro, Daniel Mangeas hésite. « Le groupe de tête s’est reformé, les coureurs vont se disputer l’arrivée au sprint. ». Et puis finalement non, à 3 kilomètres de l’arrivée : « Il semblerait qu’un homme se soit détaché et navigue à 10 secondes devant le groupe… ». Et quelques secondes plus tard : « Il s’agirait de Lilian Calmejane de Direct Energie. » Et puis silence radio…

Mélanie est sous la bannière de la ligne d’arrivée. Elle comprend la tension, l’excitation, l’enthousiasme. Et Lilian apparaît au bout de la route, lève les bras, passe devant Mélanie. Première victoire, maillot de leader, podium, accolades au pied du bus, et même un petit verre à l’hôtel pour fêter ça. Ce vendredi de février, Mélanie a attrapé le virus du vélo. 

« Je l’ai connu à 12 ans. » La victoire de Lilian Calmejane, dans les yeux d’Hubert.

Evidemment, chez Direct Energie, nous avons tous vécu un sommet d’intensité le 8 juillet 2017, quand Lilian Calmejane a remporté la huitième étape du Tour de France à la station des Rousses, le jour de l’anniversaire de Jean-René, qui plus est. Chacun des proches de l’équipe se rappelle où il était, avec qui, et les émotions par lesquelles nous sommes passés.

Hubert, le paisible médecin du Team Direct Energie, était dans le bus de l’équipe, comme à son habitude. A quelques encablures de la ligne d’arrivée. Au fond, sur les banquettes du « salon de briefing » des coureurs, où il regardait l’étape à la télévision avec d’autres membres du staff. Une arrivée en solitaire, c’est une dramaturgie différente d’une victoire au sprint : on sent venir la victoire, on n’ose pas y croire, on a peur jusqu’au dernier moment. Hubert avait les yeux brillants, il nous disait « Quand je pense que je l’ai vu à 12 ans dans mon cabinet, avec ses parents, quand il a voulu faire du vélo ». Hubert vibrait comme nous en voyant l’écart qui se maintenait sur le poursuivant de Lilian. Hubert a vu rouge quand la crampe de Lilian a débuté, il lui prodiguait à distance des conseils pour faire passer la crampe… Lilian a dû l’entendre, quelque part, son docteur, parce qu’il a réagi en professionnel et est reparti. Et puis il a gagné. Et puis Hubert a embrassé tout le monde, les yeux encore plus brillants, le sourire encore plus franc. Parce que voir un de ses gamins en claquer une aussi belle, c’est tout ce qu’il aime.

Si beau et si cruel : dans les yeux de Stéphanie*

Durant toute la saison, nous permettons à des invités des sponsors de vivre une étape dans une voiture de direction sportive et de suivre une journée en totale immersion. Nous le savons, ils en ressortent toujours avec des yeux d’enfants, fascinés par le travail des mécanos et Directeurs Sportifs, et premiers témoins de la course et des efforts colossaux des coureurs. Stéphanie est notre invitée ce jour-là, elle travaille dans le monde du sport mais n’a jamais eu l’occasion d’approcher le vélo de près. Et la première étape de ce Paris-Nice 2017 part de Bois d’Arcy où habitent ses parents !

Sa journée fut haletante : échappée de Chavanel, bordures à répétition, météo changeante… mais ce qui l’a le plus frappée, c’est la détresse d’un de nos coureurs qui, malade, a vécu une de ces journées galères « seul au monde », dans le froid et la douleur. Pour Stéphanie, dans la voiture de Lylian Lebreton, ce fut profondément touchant. 200 kilomètres à encourager, ravitailler, et surtout admirer notre coureur. En descendant de la voiture, Stéphanie a les larmes aux yeux : « C’est quand même un sport de fou furieux. ». On débriefera longtemps, elle nous décrira chaque moment de cette journée galère. Elle ne verra plus jamais le cyclisme de la même manière.

« On va bien se marrer » ! La passion et la fraîcheur, dans les yeux de Sylvain Chavanel et Thomas Boudat

C’est un de ces moments tout simples, une discussion légère, une coupe de champagne à la main parce qu’on fête ce soir-là la fin du Tour, dans une beau restaurant parisien. Sylvain vient de boucler son 17ème Tour – égalant le record. Pour La Boud’ c’était le premier, et il n’a pas démérité. Nous discutons avec eux de sa fin de saison, et voilà qu’ils nous apprennent qu’ils ont décidé de faire équipe pour disputer les championnats de France de l’Américaine sur piste. On croirait deux gamins tout contents de leur idée, deux garnements qui préparent une blague. Leurs quinze années d’écart n’existent pas, les 3500 bornes qu’ils viennent de parcourir sur le Tour non plus : ils se sont trouvé une idée rigolote pour prendre encore du plaisir sur un vélo. Cette passion, cette fraicheur fait tellement plaisir à voir !

Quelques semaines plus tard, à Hyères, le tandem Boudat-Chavanel sera Champion de France de l’Américaine. Mais pour ceux qui les avaient vus ce soir-là, il n’y avait aucun doute là-dessus.

Voilà, c’est fini… la der’ de Thomas Voeckler, dans les yeux de Perrig

Perrig Quéméneur n’est pas un pleurnichard. C’est même plutôt le genre « dur au mal », ses efforts démesurés d’équipier modèle en témoignent. Alors on ne va pas vous raconter qu’il a versé toutes les larmes de son corps et qu’il s’est donné en spectacle, ça non. Mais dans les yeux de Perrig, il s’est passé un truc tout bête, le dimanche 23 juillet vers 19h30. Quand Thomas est arrivé au bus, avec ses enfants, fendant la foule qui le félicitait pour sa merveilleuse carrière et son dernier Tour sous les couleurs de Direct Energie.

Perrig était là, tout simplement, lui aussi avec ses proches. Et il a vu son leader, son capitaine de route, son pote, qui rentrait pour la dernière fois au bus. Pour la dernière fois après tant d’années. Voeckler n’est plus coureur professionnel, et Quéméneur, un peu mieux que nous tous, sait ce que signifie son départ et le vide qu’il laissera. Alors l’étreinte fut furtive, les deux hommes n’en ont pas fait trop, mais nous dans les yeux de Perrig, on a vu beaucoup, beaucoup de choses.

*les prénoms ont été changés

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